Archives ‘Interview’ Catégorie

Olimpia Zagnoli dans Dada

16 janvier 2014

Leïla Fromaget et son travail sur le livre de l’exposition Dessins d’Humour

19 septembre 2012

1/ Comment as-tu été amenée à travailler sur ce projet autour des dessins d’humour ?

Lors d’une rencontre avec Michel Lagarde nous nous sommes mis d’accord pour articuler mon stage autour de cette exposition. Le but était d’imaginer un modèle de catalogue de consultation, qui permet de laisse une trace de l’exposition et donne un autre support au regard. Ce pourrait être un modèle appliqué à différentes expositions. L’objectif était surtout de faire passer l’essence, le concept, de l’exposition par la forme du livre. Je me suis donc rapprochée, pour ce faire, du monde du dessin d’humour des années 50 à aujourd’hui. J’ai pu découvrir les filiations qui peuvent exister entre les pionniers du dessins d’humour de l’après-guerre et  les illustrateurs contemporains, comme Serge Bloch, Blutch et quelques autres…

2/ Quelle a été la principale difficulté sur ce projet ?

La principale difficulté, qui est courante quand il s’agit de mettre en page des dessins, fut de trouver une balance. Tous très différents les uns des autres, mais beaucoup étant des dessins aux traits, il fallait  trouver un équilibre entre la force du graphisme et celle du dessin. En sachant que le dessin est l’endroit où l’œil doit pouvoir prendre son temps, la solution était la simplicité, mais aussi la forme du livre avec le jeu des pages courtes et pliées.

3/ Comment définirais-tu ce livre entre objet et catalogue ?

Ce livre est à la croisée des deux. Étant un livre de consultation, c’est pour moi un catalogue qui se propose d’offrir un autre support à l’exposition, ne pas en être un souvenir mais bien une autre forme. En cela il est un objet.

L’interview de Christophe Conte

17 février 2012

Christophe Conte travaille aux Inrockuptibles depuis une vingtaine d’année, il fait partie du « canal historique » du magazine. S’il écrit sur la musique depuis ses débuts,le changement de formule a dévoilé une nouvelle facette de son talent. Sa Mauvaise humeur et ses Billets durs créent le buzz sur internet depuis un peu plus d’un an. Aujourd’hui il vient d’achever la chronique d’un quinquennat avec la collaboration de l’illustrateur Luis Grañena. L’ouvrage sortira à l’occasion du salon du livre de Paris  (du 16 au 20 mars) . En exclusivité une interview menée avec bonne humeur sur « l’accouchement »  de ce nouvel opus.

Portrait de Christophe Conte par Luis Grañena

Les Éditions Michel Lagarde : Comment est né le projet de « Bling »?

Christophe Conte:
L’éditeur m’a contacté par l’intermédiaire d’une connaissance commune. Il cherchait un auteur pour écrire de courts portraits d’hommes et femmes politiques afin d’accompagner les caricatures de Luis Grañena publiées depuis bientôt trois ans dans Libération qu’il souhaitait publier en recueil. J’aime beaucoup le travail de Luis, et comme je suis abonné à Libé je n’avais raté aucun de ses dessins. En revanche, même si je ne l’ai pas dit tout de suite à Michel Lagarde, l’idée des portraits courts n’était pas très satisfaisante pour moi, puisque je fais déjà ça chaque semaine dans Les Inrocks. J’ai laissé mûrir cette proposition car j’avais réellement envie de participer à ce projet, et lorsque Michel est revenu vers moi, je lui ai soumis cette idée alternative : faire un long texte qui raconterait l’histoire du quinquennat Sarkozy, avec les dessins de Luis pour rythmer le récit.

Sarkozy vu au Conte-fils…

Je me suis lancé dans une première ébauche, non sans avoir trouvé un titre, Bling, pour la référence à ce que l’on sait, mais aussi pour la sonorité BD qui collait bien avec le projet. Lorsque je me lance dans un travail d’écriture, que ce soit pour un article ou un livre, j’ai besoin d’avoir un titre, sésame indispensable sans lequel je n’arrive pas à entrer dans le sujet. J’ai écrit le texte assez rapidement, tout en faisant en parallèle des recherches sur les faits et les dates, car je tenais à une certaine vérité historique, quitte à prendre ensuite quelques libertés avec cette vérité. Je voulais que ce soit drôle mais pas totalement farfelu ni délirant. Ce quinquennat fut de toute façon suffisamment grotesque en lui-même pour ne pas avoir, sur certains sujets ou personnages, à en rajouter. Il suffit de dire Nadine Morano, Fréderic Lefebvre ou Jacques Séguéla et ça évoque plus volontiers la bouffonnerie que la haute politique.

Autoportrait de Luis Grañena

Les EML : On te connaît depuis quelque pour tes billets durs dans Les Inrocks. Quelle est la part des réseaux sociaux dans le buzz de tes chroniques ?

Christophe Conte : Lorsque le Billet paraît le mercredi dans le journal, même s’il s’agit d’une rubrique assez lue, cela ne touche que quelques dizaines de milliers de personnes. Lorsqu’il déboule sur Internet le lundi suivant, relayé par Twitter et Facebook, les réactions et commentaires sont autrement plus nombreux, surtout de la part de gens qui n’iraient jamais acheter un journal comme Les Inrocks. Les messages d’insultes sont aussi beaucoup plus nombreux, mais c’est la règle et je l’accepte. Je ne réponds d’ailleurs jamais ni ne censure les commentaires. Même ceux des fans de Mylène Farmer.

Les EML : Y’a t’il des limites que tu te fixe en t’attaquant au personnel politique ou aux invités involontaires de tes chroniques ?

Christophe Conte : J’ai un principe de base, je ne m’attaque qu’à des personnes susceptibles de pouvoir les lire et, éventuellement, se défendre. Ça n’aurait de toute façon aucun intérêt de faire un billet sur Madonna ou Bachar Al Assad. J’essaie de ne pas trop tirer sur les ambulances et, en revanche, de doubler les doses sur les gens qui ont vraiment du pouvoir, notamment sur les politiques, les éditorialistes omnipotents (ma cible favorite) et les grands patrons. Mes limites sont celles de mon courage. J’aimerais n’en avoir aucune mais je suis comme les autres, j’évite si possible les convictions religieuses, les allusions à la vie privée et les attaques trop méchantes sur le physique.

Les EML : Quels sont ceux qui réagissent et en quels termes ?

Christophe Conte : Les politiques ne réagissent jamais, en tout cas ça ne parvient pas jusqu’à moi. Ça changera peut-être avec le livre ! Cela fait un an et demi que j’écris un billet chaque semaine, ce qui en fait près de 70, et je n’ai eu que trois réactions violentes de la part de « victimes ». Pascal Obispo m’a envoyé un message assassin sur Facebook. Christophe Hondelatte a laissé un commentaire très violent sur le blog (mais ce n’était peut-être pas lui), et récemment Mathieu Kassovitz s’est déchaîné contre moi sur Tweeter. Je sais de toute façon à l’avance qui va réagir. Le problème, c’est que lorsqu’ils ont donné l’assaut, tous leurs fans se croient obligés de continuer la bagarre, et là j’en ai pour des semaines de mails, de lettres et de messages d’insultes. La principale : Christophe Con…te. Ça me rajeunit, j’ai l’impression de retourner en CM1.

Quatrième de couverture de « Bling »